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Vincent BARBIER

Vincent BARBIER

GRAND MAÎTRE DE LA CONFRERIE DES CHEVALIERS DU TASTE VIN 

Christian Bernard : la  Confrérie et la saint Vincent tournante, c’est une longue histoire ?

Vincent Barbier : La confrérie des chevaliers a été créée en 1934 et c’est  en 1938 que  la 1ère  Saint Vincent tournante a été mise  en place par la confrérie, faisant ainsi renaître la vieille tradition de saint Vincent.

Au début, dans chaque village, les vignerons se rassemblaient  en janvier pour célébrer leur saint patron : Vincent. La confrérie a étendu cette tradition d’abord  à la côte de nuit et la côte de Beaune puis à toute la Bourgogne. Ainsi dans chaque village, on fête la saint Vincent le jour de la saint Vincent le 22 janvier, et le samedi suivant, tous les villages de Bourgogne qui le désirent se réunissent dans un village différent chaque année !

Christian Bernard : qu’est-ce que l’on appelle une société de St Vincent ?

Vincent Barbier : C’est une société de secours mutuel.  Quand un vigneron ne peut pas faire son travail (maladie, accident…), ce sont les autres vignerons qui font le travail à sa place. Les assurances existent peut-être aujourd’hui mais l’assurance ne fait pas le travail ! Donc « la corvée » se fait bénévolement  à charge de revanche, c’est l’entre-aide qui est  mutuelle. Et ça continue d’exister dans les villages !! Plus ou moins bien évidemment. Donc la société de secours mutuel est appelée société de saint Vincent avec sa statuette, sa bannière, et qui chaque année dans son village défile. La tradition veut que du 22 janvier de l’année jusqu’à l’année suivante le saint reste en garde d’une des familles vigneronnes du village. Cette famille garde le saint pendant un an puis le remet l’année suivante à l’autre famille et ainsi de suite. Le saint tourne dans toutes les familles du village pour montrer cette solidarité entre les vignerons. La solidarité est dans toute la Bourgogne grâce à la saint Vincent tournante qui unira en janvier prochain 83 villages venus de toute la Bourgogne du mâconnais en passant par le Châtillonnais et même Dijon qui a maintenant un saint, Dijon qui renaît au vignoble !!

Christian Bernard : cette une tradition bien ancrée reflète une  certaine fierté pour les vignerons de défiler, de montrer cette unité…

Vincent Barbier : Le métier de vigneron reste difficile, malgré la mécanisation.  Travailler dans le froid, le gèle : pas toujours facile. Alors  les vignerons de toute la Bourgogne ont les mêmes préoccupations. Cette fête viticole, c’est pour eux l’occasion de se retrouver : « Qu‘est-ce que tu as fait depuis l’année dernière ? » « Où t’en es ? » « Est-ce  que tu as eu de la grêle ou pas ? »

Christian Bernard : mais le grand public aime participer à cette fête et à des dégustation vin de Bourgogne !  Il y a semble t- il un hommage de la population à ce monde du vin bourguignon ?

Vincent Barbier : Oui  tout à fait. Même moi j’aime bien les voir tous défiler.  Ça montre une cohésion de  groupe.

Christian Bernard : vous aussi d’ailleurs vous défilez, mais après le passage de tous les vignerons. La confrérie à cette occasion est en grandes pompes, en habits, vous n’êtes pas en jean basket ! C’est quand même un moment très solennel . Très beau à voir !?

Vincent Barbier : ça fait partie du folklore ! La confrérie est née  en 1934 après la  crise de 29. En Bourgogne, les vins ne se vendaient pas, les caves étaient pleines et les porte- feuilles des vignerons vides. Une idée simple a germé : «  puisque l’on ne peut pas vendre nos vins, et bien on va les boire et les partager  avec des gens ». Donc l’idée est née de créer ces diners, les  chapitres, pour mettre en avant les grands vins de Bourgogne, avec toute  une cérémonie d’intronisation : remise d’un taste-vin, l’outil du vigneron, et du ruban rouge et jaune (vin rouge et vin blanc).

Christian Bernard : Un mot sur vos tenues de cérémonie ?

Vincent Barbier : Nos fondateurs sont allés au théâtre de Dijon, un copain était costumier. Dans les malles, ils ont trouvé des costumes, des robes : le fameux bonnet carré de Rabelais et les robes de magistrats avec parements en fausse hermine.

C’est comme ça que s’est créé de bric et de broc notre tenue de  la confrérie qui fête cette année ses  80 ans  avec tout le cérémonial des cors de chasse, des cadets de Bourgogne et  les sonneurs de trompe qui annoncent l‘arrivée du grand conseil.

Christian Bernard : Toutes ces festivités appartiennent  au patrimoine bourguignon et français dans le cadre des climats ?

Vincent Barbier : Oui la Bourgogne est  une région viticole particulière car d’un extrême morcellement. C’est un puzzle, une mosaïque de 83 villages,  tous rassemblés en janvier.

 

Avec la collaboration de : 

www.arts-et-gastronomie.com  et www.bourgognegastronomie.com

 

 

 

 

 

 

 

Categories: Bien déguster, Interview

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